Le groupe Saboreo est sans aucun doute l’un des plus importants de la région du Pacifique nord colombien. Créé et dirigé par Octavio Panesso, originaire de la région du Chocó, titulaire d’une licence en philosophie et langues et d’un master en éducation et français, le groupe a remporté des prix au festival Petronio Álvarez ainsi qu’à la Feria de Cali, partageant sa chirimía avec des chansons emblématiques comme « La Vamo a tumbar » ou « La arrechera ».

Je m’appelle Juan Carlos Asprilla. Je suis membre du groupe Saboreo, qui interprète de la musique du Pacifique colombien. Peut-être avez-vous déjà entendu une chanson représentative de tout le Pacifique colombien qui s’appelle « La vamo a tumbar ». « Hoy, la vamo a tumbar, hoy la vamo a tumbar…« . C’est le groupe qui l’interprète. Je suis arrangeur, musicien, compositeur et dans le groupe, je suis aussi saxophoniste.
Saboreo est un groupe qui chante une grande variété de thèmes. Saboreo chante pour la femme, lui dédie un joli message dans une chanson qui s’appelle Homenaje a la mujer del campo.
Saboreo chante aussi la forêt, l’ethnie, les valeurs. Ses messages visent à renforcer la culture du Pacifique à travers la musique. On pense même parfois à la façon dont les enfants qui grandissent, en observant le parcours musical de groupes qui se sont déjà distingués, s’impliquent également dans ces processus musicaux. Nous avons beaucoup d’écoles de musique.
Par exemple, dans le Chocó, il y a beaucoup de variété de rythmes. Les enfants, dès leur plus jeune âge, commencent avec une casserole, un seau, des couvercles de cuisine, à pratiquer la musique, la percussion. Les messages viennent de la culture elle-même.
Le groupe Saboreo a gagné le Festival de Petronio Álvarez. C’était précisément avec la chanson hymne du groupe, « La vamo a tumbar ». La musique est inspirée du folklore du Chocó, ainsi que les instruments qui la composent. Nous l’appelons la chirimía, qui est composée d’un tambour d’origine africaine que nous appelons tambora. Nous jouons avec des clarinettes – c’est déjà l’influence européenne -, des caisses claires, des cymbales, des bugles et des tubas. Nous transmettons le message avec les belles chansons nées dans la même culture. C’est ça, la musique de Saboreo : recueillir toute cette essence culturelle et la traduire en rythme, avec notre son.

Saboreo est composé d’environ 20 musiciens. Nous sommes tous des professionnels. Certains ont peut-être terminé une carrière différente de la musique. Il y a des ingénieurs, des architectes ; il y a un « mélange » de professionnels, mais tous font de la musique. Certains n’ont peut-être pas étudié la musique dans un conservatoire, mais nous la vivons et, avec le temps et l’expérience, nous avons consolidé le projet Saboreo.
Nous faisons une fusion de toute cette expérience, et il en ressort quelque chose de très beau comme ce projet. L’une des chansons qui résonne le plus ici, à Cali, est une chanson qui s’appelle « La arrechera ».
Le terme la arrechera, lorsque notre groupe l’a sorti, a suscité un peu de polémique parce que les gens disaient : « Oh là là ! Quels grossiers ! Quels audacieux, de parler d’arrechera ». Mais ils ne comprenaient pas que nous, dans le Pacifique, ne lui donnons pas ce sens morbide, mais plutôt un sens festif. C’est-à-dire : il est content, il est disposé à faire les choses avec énergie. C’est le sens que nous lui donnons. Et bon, on a utilisé un peu de malice pour attirer le public, mais le terme en général signifie ça.



